Sep 152016
 
Larry Strickling s'exprime lors d'une audition devant le congrès américain.

Ted Cruz n’est pas considéré comme le plus modéré des hommes politiques américains. Sa campagne pour l’investiture républicaine dans la course à la Maison Blanche a eu beau s’être soldée par un échec, le sénateur du Texas ne s’est pas calmé pour autant. Il ne sera pas le prochain président des Etats-Unis, mais peu importe. Il s’est trouvé une autre mission sacrée, celle de sauver l’Internet !

De quoi ? De qui ? De Barack Obama et son administration. De la Chine, la Russie et tous ces pays qu’il considère comme des ennemis de la liberté et de l’Amérique. “L’administration Obama veut donner l’Internet à un organisme international, l’ICANN, qui compte 162 pays étrangers,” affirme Cruz sur son site Internet. “Cela permettrait à des pays comme la Russie, la Chine et l’Iran de censurer l’Internet, y compris ici aux US, en bloquant les sites qu’ils n’aiment pas.”

La cible de Ted Cruz est ainsi nommée : l’ICANN. Avec des accroches racoleuses comme “protégez l’Internet, empêchez le président Obama de le brader”, Cruz n’a aucun problème à arranger les faits à sa sauce pour prévenir ce qu’il considère comme un risque majeur pour la souveraineté américaine de l’Internet.

Un Internet mondial

“Difficile de brader quelque chose qui ne nous appartient pas,” a répondu un des participants à une audition du sénat américain qui avait lieu le 14 septembre 2016 à l’initiative de Ted Cruz. Ce dernier est resté sourd à ces paroles de bon sens : l’Internet n’appartient pas à l’Amérique, mais au monde.

Se plaçant comme accusateur en chef, Cruz a mené cette audition en attaquant le représentant du gouvernement américain en charge des affaires d’Internet Larry Strickling ainsi que le nouveau PDG de l’ICANN Göran Marby.

L’enjeu est la fin programmée du contrôle unilatéral exercé par l’Amérique sur les fonctions techniques de l’Internet. Sous le nom ésotérique de “transition des fonctions IANA”, cette évolution majeure de la gouvernance de l’Internet est souhaitée par le monde entier, à l’exception de certains conservateurs américains.

Elle doit être lancée à partir d’octobre, l’actuel gouvernement américain, par le biais de son représentant Larry Strickling, s’étant engagé à ne pas renouveler le contrat le liant à l’ICANN.

Dollars et mensonges

Pour empêcher ça, Ted Cruz et consorts utilisent deux biais. D’abord l’argent. En retirant au département du commerce américain le droit de puiser dans son budget pour réaliser la transition. Ensuite la propagande. En multipliant les cris d’orfraie sur les réseaux sociaux et par le biais d’auditions comme celle du 14 septembre.

Une stratégie à priori outrancière mais qui semble pourtant porter ses fruits. De quoi susciter l’inquiétude chez ceux qui suivent les affaires de gouvernance Internet de près. Ainsi Facebook, Google, Twitter et autres ont carrément écrit au congrès américain pour les inciter à ne pas bloquer la transition.

Car au-delà des guéguerres politiques sur fond d’élection américaine, un report de la transition pourrait avoir des conséquences sérieuses sur l’équilibre actuel de l’Internet. “La bloquer serait faire un cadeau à la Russie et à d’autres pays autoritaires,” a insisté Larry Strickling lors de l’audition devant le congrès.

Sous-entendu, le véritable risque pour la liberté d’expression sur Internet n’est pas de faire la transition, mais bien de la bloquer.

Jun 092016
 
Cruz S

In a move considered by many to be more political that commonsensical, failed Republican presidential nomination hopeful Ted Cruz yesterday introduced a bill which would, if enacted, allow the United States to keep technical control over the Internet, rather than transitioning it to a global oversight mechanism.

Dubbed the “IANA transition” after the Internet Assigned Numbers Authority Function, which is basically administering the Internet root, this move towards ending the unique oversight the US has enjoyed over the technical Internet since its inception was initiated by the Obama administration through the agency in charge of Internet matters, the National Telecommunications and Information Administration (NTIA).

The Cruz bill is grandiosely named the “Protecting Internet Freedom Act“. A read of its very first paragraph seems to contradict this lofty goal by stating the Bill is designed “To prohibit the National Telecommunications and Information Administration from allowing the Internet Assigned Numbers Authority functions contract to lapse unless specifically authorized to do so by an Act of Congress.”

Undeterred, NTIA today announced it is approving the proposed transition mechanism. “The U.S. Commerce Department’s National Telecommunications and Information Administration (NTIA) finds that the IANA Stewardship Transition Proposal developed by the global Internet multistakeholder community meets the criteria NTIA set in March 2014,” it says in what can be seen as a direct response to the Cruz bill.

This NTIA announcement sets the scene for the transition to be enacted. As Cruz and others race to stop the transition from happening, the rest of the world can only sit back and watch as internal US politics determine the future of Internet Governance.