Sep 252017
 
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Le 22 septembre, Fundacio PuntCAT a confirmé par communiqué la libération de Pep Masoliver. Le directeur technique du gestionnaire de l’extension .CAT a été détenu pendant plus de 60 heures et doit continuer à se rendre au commissariat de manière hebdomadaire car il reste accusé, entre autre, de désobéissance publique.

Sep 222017
 
puntoCAT

Se faire arrêter et emprisonné pour sédition, de nos jours, ce n’est pas banal ! Ni courant. Le mot même paraît suranné. Le Larousse donne d’ailleurs deux définitions, une pour “autrefois”, l’autre actuelle. Retenons celle d’antan d’un “soulèvement concerté et préparé contre l’autorité établie”.

Car c’est exactement ce que le gouvernement espagnol reproche au petit groupe de techies qui, en 2006, a lancé l’extension .CAT pour défendre la culture et la langue catalane. Atypique et noble, ce projet a intéressé l’ICANN, le régulateur mondial de l’Internet technique. Au point que cet organisme basé en Californie et souvent présenté comme les Nations Unies de l’Internet, a immédiatement donné son feu vert à la création du .CAT.

Et l’extension sert. Un simple voyage à Barcelona suffit pour s’en convaincre. Des institutionnels aux marchands en passant par les biens publics, les gestionnaires de sites locaux préfèrent le .CAT au .ES (pour l’Espagne) ou même au .COM. A commencer par la capitale de la Catalogne elle-même, Barcelone ayant adopté www.barcelona.cat comme adresse Internet officielle !

En tout, on comptabilise environ 113 000 noms de domaine actifs sous l’extension .CAT. Autant de sites qui semblent menacés à l’approche d’un référendum sur la possible indépendance de la Catalogne déclaré illégal par la justice espagnole.

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Car le gouvernement national basé à Madrid se montre de plus en plus intransigeant, y compris sur Internet. Ainsi le 20 septembre dernier, la fondation puntCAT, le gestionnaire de l’extension éponyme, post sur son compte Twitter des photos d’un raid sur ses bureaux de la Gardia Civil.

Cherchant à faire fermer des sites en .CAT faisant la promotion du référendum, la police ne va pas y aller de main morte. Le responsable informatique Pep Masoliver est arrêté. Aujourd’hui, deux jours plus tard, il reste en prison. puntCAT a lancé sur Twitter une campagne de soutien avec le hashtag #totsambtupep, qui peut se traduire par “tous avec toi Pep”.

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Le message : il faudrait quasiment considérer Pep Masoliver comme un prisonnier politique. Et les agissements de la police et de Madrid, comme de la répression étatique.

C’est en tout cas ce que le directeur de puntCAT a écrit au PDG de l’ICANN dès le 17 septembre. “La justice espagnole nous ordonne… de censurer des contenus et de porter à atteinte à la liberté d’expression des utilisateurs de l’extension .CAT.”

Pour l’instant, pas de réponse. Ni de l’ICANN, ni de Madrid. Le référendum illégal est prévu pour le 1er octobre. Du côté des bureaux barcelonais de puntCAT, on attend de savoir quel sort sera réservé à Pep Masoliver… et aux sites Internet en .CAT.

Apr 252017
 
Mathieu Weill Afnic

Il occupe le poste de directeur général de l’Association Française pour le Nommage Internet en Coopération depuis 2005. Mieux connue sous l’acronyme Afnic, cette association gère le .FR, l’extension Internet française.

Mathieu Weill ne sera plus DG de l’Afnic à compter du 1er mai. Aucune raison n’a été donnée pour ce départ, sauf à indiquer par communiqué que l’intéressé est “appelé à d’autres fonctions”.

C’est Pierre Bonis, l’actuel directeur général adjoint, qui assurera l’intérim. Le temps pour le conseil d’administration de l’association de lancer un appel à candidature pour trouver le remplaçant de Mathieu Weill.

Mar 032017
 
dot com

D’après la société en charge de la gestion du .COM, Donald Trump y a fait un vrai tabac sur le dernier trimestre de 2016. Les statistiques d’enregistrement des noms de domaine portant sur le dernier trimestre plein, celles du T4 2016, viennent d’être publiées.

Sur les noms de domaine de langue anglaise enregistrés en .COM d’octobre à décembre 2016, le mot clef le plus souvent demandé est “donald”. Devant un sacré trio : “cannabis”, “marijuana” et “weed” ! Trump est aussi en vedette à l’autre bout de ce top 10. Le 10ème terme le plus enregistré sur cette période est en effet “Donald”.

8,8 millions de .COM et .NET enregistrés au T4 2016

Le .COM totalise 126,9 millions de noms au 31 décembre 2016 et reste donc l’extension la plus utilisée de l’Internet.

Et de loin. Le numéro 2 affiche 21,1 millions de noms enregistrés. Ce score déjà plus qu’honorable est à mettre au crédit de la Chine, qui devance l’archipel de Tokelau. Sur Internet, ce dernier rit de sa petite taille en défiant les géants de ce monde avec une politique de distribution gratuite des noms de domaine se terminant en .TK lui ayant permis de revendiquer 18,7 millions de noms à la fin 2016.

L’Allemagne est au 4ème rang, avec 16,1 millions de noms, devant le .NET (15,3 millions) et le .UK (10,6 millions).

Avec un peu plus de 3 millions de noms, la France est loin derrière. Elle ne figure ni dans ce top 10 couvrant l’intégralité des extensions disponibles sur le Net, ni dans celui des extensions nationales dites “points pays”. Sur ce classement là, les dix premiers sont la Chine, le .TK, l’Allemagne, le .UK, la Russie, la Hollande, le Brésil, le .EU européen, l’Australie et l’Italie.

Sur le .COM (avec le .NET) il y a eu 8,8 millions enregistrements au quatrième trimestre 2016, ce qui met en exergue l’impressionnant volume de noms contenant soit “trump” soit “donald” qui se sont mis à exister sur Internet durant cette période.

Feb 162017
 
DotA

Ils étaient deux à se revendiquer du .Africa. D’un côté l’opérateur de l’extension nationale sud-africaine, le .ZA. De l’autre une business woman africaine/américaine.

ZA Central Registry (ZACR) et DotConnectAfrica (DCA) se sont battus devant l’ICANN et les tribunaux. Depuis des années. Empêchant ainsi le .Africa de devenir réalité.

Une guerre civile sans merci, sur fond de polémique en raison de la capacité de la patronne de DCA, Sophia Bekele, a susciter la controverse en multipliant les déclarations publiques fracassantes en même temps qu’elle attaquait en justice.

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Feb 072017
 
DT

Le 31 janvier 2017, sur son blog, l’organisme en charge de la gouvernance technique de l’Internet prend la parole.

L’ICANN ne dénonce pas directement le décret signé par Donald Trump interdisant l’accès aux US pour les ressortissants d’Iran, Irak, Lybi, Somalie, Soudan, Syrie et du Yémen. Mais l’organisme, qui reste régit par la loi californienne même s’il s’est affranchi de la tutelle du gouvernement américain fin 2016, reconnaît être impacté.

“Nous sommes un organisme international dont le fonctionnement dépend de la participation ouverte, inclusive, transparente et responsable de bénévoles du monde entier,” rappelle l’ICANN. “Nous encourageons tous les gouvernements à soutenir la liberté de participer aux travaux de l’ICANN et d’organismes similaires.”

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Nov 012016
 
djt

Donald Trump ne laisse personne indifférent. Pas ses détracteurs. Pas plus qui espèrent profiter de sa notoriété. Tous s’intéressent de près au candidat à la présidence des Etats-Unis. Encore plus depuis qu’il a annoncé son intention de lancer sa chaîne de télévision à lui.

Cet article à été publié par le Huffington Post sous le titre “Donald Trump n’est même pas capable d’acheter son nom de domaine”. Lire l’article.

Sep 232016
 
iron-man

La vidéo risque fort de devenir virale. On y voit une “sacré tripotée” (ou “a shitload of famous people” comme ils le disent eux-mêmes dans ce petit film de 3 minutes) d’acteurs hollywoodiens, de Roberts Downey Junior à Scarlett Johansson, dénoncer le danger Donald Trump et inciter les américains à aller voter lors des prochaines élections présidentielles.

Si le message est lourd (l’acteur noir américain Don Cheadle va jusqu’à affirmer que le candidat en question est un raciste abusif et couard), le ton est léger et suffisamment drôle pour donner envie de regarder jusqu’au bout.

Lire la suite sur le Huffington Post.

Sep 152016
 
Larry Strickling s'exprime lors d'une audition devant le congrès américain.

Ted Cruz n’est pas considéré comme le plus modéré des hommes politiques américains. Sa campagne pour l’investiture républicaine dans la course à la Maison Blanche a eu beau s’être soldée par un échec, le sénateur du Texas ne s’est pas calmé pour autant. Il ne sera pas le prochain président des Etats-Unis, mais peu importe. Il s’est trouvé une autre mission sacrée, celle de sauver l’Internet !

De quoi ? De qui ? De Barack Obama et son administration. De la Chine, la Russie et tous ces pays qu’il considère comme des ennemis de la liberté et de l’Amérique. “L’administration Obama veut donner l’Internet à un organisme international, l’ICANN, qui compte 162 pays étrangers,” affirme Cruz sur son site Internet. “Cela permettrait à des pays comme la Russie, la Chine et l’Iran de censurer l’Internet, y compris ici aux US, en bloquant les sites qu’ils n’aiment pas.”

La cible de Ted Cruz est ainsi nommée : l’ICANN. Avec des accroches racoleuses comme “protégez l’Internet, empêchez le président Obama de le brader”, Cruz n’a aucun problème à arranger les faits à sa sauce pour prévenir ce qu’il considère comme un risque majeur pour la souveraineté américaine de l’Internet.

Un Internet mondial

“Difficile de brader quelque chose qui ne nous appartient pas,” a répondu un des participants à une audition du sénat américain qui avait lieu le 14 septembre 2016 à l’initiative de Ted Cruz. Ce dernier est resté sourd à ces paroles de bon sens : l’Internet n’appartient pas à l’Amérique, mais au monde.

Se plaçant comme accusateur en chef, Cruz a mené cette audition en attaquant le représentant du gouvernement américain en charge des affaires d’Internet Larry Strickling ainsi que le nouveau PDG de l’ICANN Göran Marby.

L’enjeu est la fin programmée du contrôle unilatéral exercé par l’Amérique sur les fonctions techniques de l’Internet. Sous le nom ésotérique de “transition des fonctions IANA”, cette évolution majeure de la gouvernance de l’Internet est souhaitée par le monde entier, à l’exception de certains conservateurs américains.

Elle doit être lancée à partir d’octobre, l’actuel gouvernement américain, par le biais de son représentant Larry Strickling, s’étant engagé à ne pas renouveler le contrat le liant à l’ICANN.

Dollars et mensonges

Pour empêcher ça, Ted Cruz et consorts utilisent deux biais. D’abord l’argent. En retirant au département du commerce américain le droit de puiser dans son budget pour réaliser la transition. Ensuite la propagande. En multipliant les cris d’orfraie sur les réseaux sociaux et par le biais d’auditions comme celle du 14 septembre.

Une stratégie à priori outrancière mais qui semble pourtant porter ses fruits. De quoi susciter l’inquiétude chez ceux qui suivent les affaires de gouvernance Internet de près. Ainsi Facebook, Google, Twitter et autres ont carrément écrit au congrès américain pour les inciter à ne pas bloquer la transition.

Car au-delà des guéguerres politiques sur fond d’élection américaine, un report de la transition pourrait avoir des conséquences sérieuses sur l’équilibre actuel de l’Internet. “La bloquer serait faire un cadeau à la Russie et à d’autres pays autoritaires,” a insisté Larry Strickling lors de l’audition devant le congrès.

Sous-entendu, le véritable risque pour la liberté d’expression sur Internet n’est pas de faire la transition, mais bien de la bloquer.

May 202016
 
wordpress

Sur Internet comme ailleurs, il y a ceux qui comprennent vite et il y a les autres. Les habitués des phrases comme “ça ne marchera jamais”, qui se transforment quelques années plus tard en “ah si j’avais su…”.

Lorsqu’en 2012, le régulateur technique de l’Internet (l’ICANN) a ouvert les candidatures à la gestion de nouvelles extensions, les “ça ne marchera jamais” en attendaient au mieux 500. C’est sûr qu’à 185 000 dollars les frais de dépôt de dossier à payer à l’ICANN, ça leur semblait cher. Puis 1930 dossiers furent déposés…

Lorsque, le 13 juin 2012, l’ICANN a annoncé ce raz-de-marée, les “ça ne marchera jamais” ont répondu qu’il s’agissait de spéculation de la part d’une industrie du nommage sur Internet immature. Les poids lourds du Net, eux, n’allaient quand même pas s’intéresser à quelque chose d’aussi rébarbatif que des noms de domaine. Puis en lisant la liste des candidatures reçues, on s’est rendu compte que Google avait demandé une centaine de nouvelles extensions et Amazon avait postulé pour 70…

Lire la suite sur le Huffington Post.