Sep 222017
 
puntoCAT

Se faire arrêter et emprisonné pour sédition, de nos jours, ce n’est pas banal ! Ni courant. Le mot même paraît suranné. Le Larousse donne d’ailleurs deux définitions, une pour “autrefois”, l’autre actuelle. Retenons celle d’antan d’un “soulèvement concerté et préparé contre l’autorité établie”.

Car c’est exactement ce que le gouvernement espagnol reproche au petit groupe de techies qui, en 2006, a lancé l’extension .CAT pour défendre la culture et la langue catalane. Atypique et noble, ce projet a intéressé l’ICANN, le régulateur mondial de l’Internet technique. Au point que cet organisme basé en Californie et souvent présenté comme les Nations Unies de l’Internet, a immédiatement donné son feu vert à la création du .CAT.

Et l’extension sert. Un simple voyage à Barcelona suffit pour s’en convaincre. Des institutionnels aux marchands en passant par les biens publics, les gestionnaires de sites locaux préfèrent le .CAT au .ES (pour l’Espagne) ou même au .COM. A commencer par la capitale de la Catalogne elle-même, Barcelone ayant adopté www.barcelona.cat comme adresse Internet officielle !

En tout, on comptabilise environ 113 000 noms de domaine actifs sous l’extension .CAT. Autant de sites qui semblent menacés à l’approche d’un référendum sur la possible indépendance de la Catalogne déclaré illégal par la justice espagnole.

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Car le gouvernement national basé à Madrid se montre de plus en plus intransigeant, y compris sur Internet. Ainsi le 20 septembre dernier, la fondation puntCAT, le gestionnaire de l’extension éponyme, post sur son compte Twitter des photos d’un raid sur ses bureaux de la Gardia Civil.

Cherchant à faire fermer des sites en .CAT faisant la promotion du référendum, la police ne va pas y aller de main morte. Le responsable informatique Pep Masoliver est arrêté. Aujourd’hui, deux jours plus tard, il reste en prison. puntCAT a lancé sur Twitter une campagne de soutien avec le hashtag #totsambtupep, qui peut se traduire par “tous avec toi Pep”.

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Le message : il faudrait quasiment considérer Pep Masoliver comme un prisonnier politique. Et les agissements de la police et de Madrid, comme de la répression étatique.

C’est en tout cas ce que le directeur de puntCAT a écrit au PDG de l’ICANN dès le 17 septembre. “La justice espagnole nous ordonne… de censurer des contenus et de porter à atteinte à la liberté d’expression des utilisateurs de l’extension .CAT.”

Pour l’instant, pas de réponse. Ni de l’ICANN, ni de Madrid. Le référendum illégal est prévu pour le 1er octobre. Du côté des bureaux barcelonais de puntCAT, on attend de savoir quel sort sera réservé à Pep Masoliver… et aux sites Internet en .CAT.

  One Response to “Descente de police sur l’extension Internet catalane, le directeur technique emprisonné”

  1. […] la libération de Pep Masoliver. Le directeur technique du gestionnaire de l’extension .CAT a été détenu pendant plus de 60 heures et doit continuer à se rendre au commissariat de manière hebdomadaire car il reste accusé, entre […]